viaNîmes EN

Comprendre l’architecture romaine

Temple, amphithéâtre, château d’eau, remparts : chaque monument romain de Nîmes obéit à un plan précis. Quelques clés de lecture pour regarder ces édifices avec un œil d’architecte.

La Maison Carrée, un temple pseudo-périptère

La Maison Carrée est un temple corinthien hexastyle : six colonnes en façade. Il est dit pseudo-périptère, car ses colonnes latérales et arrière sont engagées dans le mur de la cella au lieu d’être libres. Au total, trente colonnes de 9 mètres l’entourent. Le temple repose sur un podium de 2,65 mètres auquel on accède par quinze marches. On traverse d’abord le pronaos, un vestibule à colonnes, avant d’atteindre la cella de 10,50 mètres sur 16, la salle sacrée, fermée à l’origine par une porte de près de sept mètres de haut. L’architrave est ornée d’une frise de rinceaux.

Plan géométrique de la Maison Carrée, 1819 : le portique de façade et les colonnes engagées autour de la cella.
Plan géométrique de la Maison Carrée, 1819 : le portique de façade et les colonnes engagées autour de la cella. Stanislas-Victor Grangent, Charles-Étienne Durand, Simon Durant (1819), Domaine public

Les Arènes : circuler sans se mêler

L’amphithéâtre mesure 133,38 mètres sur 101,40 et sa piste 69 mètres sur 38. La façade de 21 mètres aligne deux niveaux de 60 arcades. À l’intérieur, la cavea compte 34 rangs de gradins répartis en quatre zones, les maeniana, séparées par des couloirs et des murets. Les places suivaient le rang social : les notables en bas, le peuple en haut. Des galeries voûtées et des escaliers menaient chaque catégorie à sa zone par les vomitoires, sans croiser les autres. Au sommet de la façade, des consoles de pierre percées tenaient les mâts du velum, une toile tendue pour protéger le public du soleil. Des trous d’évacuation dans les gradins drainaient la pluie.

Plan de l'amphithéâtre publié en 1818 : l'ellipse de la piste, les gradins et les passages rayonnants.
Plan de l’amphithéâtre publié en 1818 : l’ellipse de la piste, les gradins et les passages rayonnants. Alphonse de Seynes (1818), Domaine public

L’aqueduc et le castellum

L’aqueduc d’environ 50 kilomètres aboutissait au castellum divisorium, rue de la Lampèze. Ce bassin circulaire de près de 6 mètres de diamètre, couvert à l’origine, recevait l’eau puis la répartissait par 10 ouvertures de 40 centimètres, d’où partaient des tuyaux de plomb vers les quartiers. Au fond, trois bondes munies de vannes en bronze évacuaient le surplus. Découvert en 1844, il est classé monument historique depuis 1875.

Le castellum de Nîmes : le bassin circulaire et les orifices de départ des canalisations.
Le castellum de Nîmes : le bassin circulaire et les orifices de départ des canalisations. Tmv, CC BY-SA 4.0

L’enceinte augustéenne

Bâtie sous Auguste, en temps de paix, l’enceinte servait surtout à afficher le prestige de la ville. Longue de plus de 6 kilomètres, elle enfermait 220 hectares. Ses murs, hauts de près de 10 mètres et épais jusqu’à 3 mètres, associaient une base en pierres de moyen et grand appareil à un parement de moellons piqués garni d’un remplissage. Elle comptait environ 80 tours et une dizaine de portes. La Porte d’Auguste, la Porte de France et la Tour Magne en sont les témoins.

Maison Carrée
podium de 2,65 m, 15 marches
Arènes
34 rangs de gradins
Piste des Arènes
69 x 38 m
Castellum
10 départs de 40 cm
Enceinte
220 ha, environ 80 tours

Sources