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44Remparts et tours

Fort Vauban

Visite sur place
15 min
Horaires
Site universitaire : accès selon l’ouverture de l’université (Université de Nîmes).
Fort Vauban
Photo : Stéphane Ramillon - Ville de Nîmes, CC BY-SA 4.0

Vous voici devant le fort Vauban. Un détail suffit à comprendre pourquoi il a été bâti : ses canons ne regardaient pas vers l’extérieur, mais uniquement vers la ville. Nous sommes juste après la révocation de l’édit de Nantes, en 1685. Louis XIV se méfie du Languedoc, une région très largement protestante, et veut pouvoir surveiller Nîmes. La citadelle sort de terre à une vitesse étonnante : de mai 1687 à mai 1688, environ 2 000 ouvriers, soldats et habitants y travaillent. Le plan est un carré flanqué de quatre bastions d’angle, entouré d’un fossé large de 9 mètres. Après la Révolution, le fort change de vie : dépôt de mendicité sous Napoléon en 1811, puis maison centrale de détention à partir de 1819. La prison connaît une grande révolte en 1974, avec des incendies, et ferme en 1991. La ville rachète le site, et l’architecte Andrea Bruno le transforme en campus. Les étudiants y entrent depuis le 11 octobre 1995. En marchant, observez comment les ajouts contemporains se posent sur les murs de la citadelle sans les effacer.

Écouter le récitRécit de l'application, voix de synthèse.

Histoire

Le fort est édifié après la révocation de l’édit de Nantes de 1685. Louis XIV considère le Languedoc, majoritairement protestant, comme un foyer possible de rébellion, et veut une citadelle capable de tenir la ville. Les plans sont attribués à Jacques Cubizol et Jean Papot, avec l’ingénieur François Ferry, collègue de Vauban. Le chantier est mené entre mai 1687 et mai 1688 avec jusqu’à 2 000 ouvriers, soldats et habitants.

La citadelle garde sa fonction militaire jusqu’en 1792. En 1811, Napoléon la transforme en dépôt de mendicité, auquel s’ajoute une maison de correction en 1813. En 1819, elle devient maison centrale de détention : on y compte environ 275 détenus en 1820 et 1 142 personnes en 1830. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle enferme des prisonniers politiques opposés à Vichy et aux nazis.

Art et architecture

Le fort suit un plan carré à quatre bastions d’angle, entouré d’un fossé de 9 mètres de large. Ce dessin, typique des fortifications de l’époque, permettait de croiser les tirs le long des murs. La particularité nîmoise tient à l’orientation de l’artillerie : les canons n’étaient placés que sur le flanc tourné vers la ville, ce qui dit clairement que la menace attendue venait de l’intérieur et non d’une armée étrangère.

Lauréat du concours de 1991, l’architecte Andrea Bruno a voulu ouvrir le fort sur la ville. Il a choisi des ajouts contemporains réversibles, qui respectent les éléments historiques au lieu de les masquer. Dans sa note, il insiste sur la localisation privilégiée du fort, à l’intérieur du tissu urbain et proche du centre historique.

Anecdotes

L’histoire carcérale du lieu a été longue et parfois violente. En 1974, une importante révolte éclate dans la prison : des incendies détruisent une partie des bâtiments. La maison centrale ferme finalement en 1991, juste après le rachat du site par la ville en 1990. Quatre ans plus tard, le 11 octobre 1995, le campus universitaire est inauguré. Un même lieu aura donc été successivement citadelle, dépôt de mendicité, prison et université.

À regarder sur place

Commencez par faire le tour extérieur pour lire le plan carré et repérer un bastion. Observez ensuite le contraste entre la pierre de la citadelle et les interventions contemporaines d’Andrea Bruno. Demandez-vous, en regardant les murs tournés vers le centre, où pouvaient se trouver les pièces d’artillerie qui surveillaient Nîmes.

Pratique

Le fort domine le nord de l’Écusson, près du quartier de la Tour Magne. Il s’agit d’un site universitaire en activité : l’accès à l’intérieur dépend des horaires et des règles de l’Université de Nîmes, et les abords restent visibles depuis la rue.

Aux alentours

Le castellum, point d’arrivée de l’aqueduc romain, se trouve tout près. Vous pouvez ensuite monter vers les Jardins de la Fontaine et la Tour Magne. Pour comprendre le même architecte, rendez-vous rue de l’Aspic : Jacques Cubizol y a travaillé sur plusieurs hôtels particuliers.

Fort Vauban
Photo : Benoit Soubeyran, CC BY-SA 4.0
Fort Vauban
Photo : Chabe01, CC BY-SA 4.0

Sur place, cherchez : Repérez un bastion d’angle, puis cherchez où l’architecture contemporaine s’appuie sur les murs anciens.

Testez-vous

Vers où étaient tournés les canons du fort ?
  • Vers la mer
  • Vers la ville (réponse)
  • Vers le Rhône
Combien de temps a duré le chantier principal ?
  • Dix ans
  • Environ un an (réponse)
  • Un mois
Que trouve-t-on dans le fort aujourd’hui ?
  • L’université (réponse)
  • Une caserne
  • Une prison

Sources

Informations vérifiées le 6 octobre 2026.