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10Places et rues

Rue de l’Aspic

Visite sur place
15 min
Horaires
Accès libre (rue publique) ; les cours des hôtels sont privées.
Sur les parcours
Écusson et hôtels particuliers, Denim et savoir-faire
Rue de l'Aspic
Photo : Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0

Vous voici rue de l’Aspic, dans l’ancien quartier commerçant des Garrigues. Cherchez au numéro 27 un détail que beaucoup ne remarquent pas : un aigle sculpté, encastré dans le mur. Sa tête est mutilée, et il vient des ruines d’un établissement romain. Les maçons l’ont réemployé comme une simple pierre, et il est là depuis. La rue est surtout celle des riches marchands de soie. Au numéro 14, l’hôtel de Fontfroide a été remanié en 1670 pour Pierre de Fontfroide, contrôleur des finances ; sa façade est sobre, mais sa cour cache un escalier sur quatre colonnes avec balustres de pierre. Un peu plus loin, au 2 plan de l’Aspic, la maison des Atlantes a été construite entre 1676 et 1678 pour Jean Martin, marchand de soie : deux atlantes, des hommes sculptés, portent l’entablement de sa porte. Au numéro 4, l’angle aigu de la maison a été remplacé en 1769 par un pan coupé, avec un balcon en fer forgé ondulé. Marchez lentement, le nez en l’air : chaque porte raconte une fortune.

Écouter le récitRécit de l'application, voix de synthèse.

Histoire

La rue de l’Aspic appartient à l’ancien quartier commerçant des Garrigues. Au 4 plan de l’Aspic, une maison est déjà mentionnée en 1596. Au 17e siècle, la rue attire les grandes fortunes : l’hôtel de Fontfroide, au numéro 14, est remanié en 1670 pour Pierre de Fontfroide, contrôleur des finances, puis racheté en 1695, très dégradé, par Jacques Mourier, marchand de soie, qui doit refaire la façade pour respecter l’alignement.

La rue reste un lieu d’affaires jusqu’à la fin du 20e siècle : en 1893, la banque Arnaud-Gaidan installe son siège au 10 rue de l’Aspic. Elle y reste jusqu’à sa fusion avec le Crédit du Nord en 1992, après près de cent cinquante ans de présence bancaire à Nîmes.

Art et architecture

L’escalier de l’hôtel de Fontfroide, de style Louis XIII, tourne autour d’un noyau de quatre piles reliées par des arcs. Ses paliers s’avancent en quart de rond, portés par des consoles, et ses balustres sont de section carrée. Il est probablement dû à Jacques Cubizol, qui travaille aussi, avec Pierre Cournon, à la maison du 2 plan de l’Aspic, bâtie de 1676 à 1678.

Cette dernière est décrite comme l’un des plus beaux exemples d’architecture civile nîmoise du temps de Louis XIV. Sa porte d’entrée présente deux atlantes soutenant l’architrave, une frise à rinceaux et une corniche ; le vantail est orné de petits panneaux autour d’un médaillon central.

Anecdotes

Au 4 plan de l’Aspic, une inspection de 1767 juge la maison dangereuse : l’architecte Chirol constate que la charpente des étages supérieurs menace de s’effondrer. Les travaux s’achèvent en 1769, et l’angle aigu est remplacé par un pan coupé. On y ouvre au premier étage une porte de balcon au balcon ondé, en trois panneaux, posé sur des consoles de pierre sculptées de marguerites et de guirlandes. Ce balcon est inscrit aux monuments historiques en 1964.

À regarder sur place

Au 27, cherchez l’aigle romain dans la maçonnerie. Au 14, la façade est ordinaire : l’intérêt est dans la cour, privée. Au 2 plan de l’Aspic, observez les deux atlantes de la porte, et au 4, le pan coupé avec son balcon en fer forgé et les marguerites sculptées des consoles.

Pratique

La rue est piétonne et se parcourt en quelques minutes depuis la place du Marché ou la Grand’Rue. Les hôtels particuliers sont des propriétés privées : regardez depuis la rue, sans entrer dans les cours. Le sol est pavé mais plat, ce qui facilite la promenade.

Aux alentours

La rue de la Madeleine, toute proche, mène à la Maison romane. L’hôtel Boudon, rue de Bernis, ne doit pas être confondu avec l’hôtel Meynier de Salinelles, au 8 rue de l’Aspic. Pour voir un autre chantier de Jacques Cubizol, montez jusqu’au fort Vauban.

Rue de l'Aspic
Photo : Finoskov, CC BY-SA 4.0
Rue de l'Aspic
Photo : Finoskov, CC BY-SA 4.0

Sur place, cherchez : Trouvez les deux atlantes qui portent la porte du 2 plan de l’Aspic.

Testez-vous

Quel animal romain est encastré au numéro 27 ?
  • Un aigle (réponse)
  • Un crocodile
  • Un lion
Quel commerce enrichissait les propriétaires de la rue ?
  • La soie (réponse)
  • Le sel
  • Le vin
Que portent les atlantes du plan de l’Aspic ?
  • L’entablement de la porte (réponse)
  • Un balcon
  • Une fontaine

Sources

Informations vérifiées le 6 octobre 2026.