Vous voici à l’entrée du cimetière protestant, au 17 bis avenue du Pasteur-Paul-Brunel, l’ancienne route d’Alès. Remontez le temps : jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les protestants nîmois n’avaient pas le droit d’être enterrés dans les cimetières. En 1776, Louis XVI les y autorise, et la première sépulture a lieu ici en 1782, dans des parcelles de vignes et d’oliviers, hors de la ville. Le lieu devient ainsi le plus ancien cimetière collectif protestant de France. Il compte près de 6 000 tombes. Parmi elles, des noms que vous connaissez peut être : le poète Francis Ponge, l’économiste Charles Gide, l’architecte Henri-Jacques Espérandieu, la manadière Fanfonne Guillierme, ou Louis Rossel, seul officier supérieur à avoir rejoint la Commune de Paris, fusillé en 1871 et inhumé ici de nuit. Cherchez aussi la statue de l’Immortalité, haute de deux mètres, dernière sculpture de James Pradier, classée monument historique depuis 1911. Promenez vous lentement, et respectez la quiétude du lieu.
Histoire
Sous l’Ancien Régime, les inhumations des réformés sont interdites dans les cimetières nîmois. Le roi Louis XVI accorde une autorisation en 1776, et la première sépulture a lieu en 1782, dans des parcelles de vigne et d’oliviers en dehors de la ville. Le cimetière est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2001.
Art et architecture
Le cimetière renferme la statue tombale de l’Immortalité, haute de deux mètres, dernière sculpture de James Pradier, l’auteur de la fontaine de l’esplanade. Elle est classée au titre objet des monuments historiques depuis le 20 décembre 1911. Pradier descendait d’une famille protestante ayant fui le Languedoc après la révocation de l’édit de Nantes.
Anecdotes
Louis-Nathaniel Rossel, officier issu d’une famille protestante nîmoise, rallie la Commune de Paris en 1871. Malgré une pétition signée notamment par Victor Hugo pour demander sa grâce, il est exécuté. Il est inhumé discrètement et de nuit au cimetière protestant de Nîmes, aux côtés de sa sœur et de ses parents.
À regarder sur place
Parmi les personnalités inhumées : le poète Francis Ponge, l’économiste Charles Gide, l’architecte Henri-Jacques Espérandieu, l’astronome Benjamin Valz, le peintre Jules Salles-Wagner, la romancière Élisabeth Barbier, la manadière Fanfonne Guillierme, le spéléologue Robert de Joly, l’aviateur et peintre Jacques Favre de Thierrens et l’architecte Jean Dubuisson. Prenez le temps de lire les épitaphes.
Pratique
Le cimetière se trouve au 17 bis avenue du Pasteur-Paul-Brunel, au nord-ouest du centre. Un arrêt de bus nommé Cimetière Protestant est situé sur l’avenue. C’est un lieu de recueillement toujours en activité, avec environ 2 720 tombes encore actives : gardez une attitude discrète.
Aux alentours
Pour poursuivre sur l’histoire protestante de Nîmes, rendez vous au Grand Temple, boulevard Amiral-Courbet. Pradier se retrouve sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, avec sa fontaine allégorique de la ville. Les jardins de la Fontaine et la tour Magne sont aussi dans ce quart nord-ouest de la ville.

Sur place, cherchez : Trouvez la statue de l’Immortalité, dernière œuvre de James Pradier.
Testez-vous
Qui a autorisé ce cimetière en 1776 ?
- Henri IV
- Louis XVI (réponse)
- Napoléon
Combien de tombes compte-t-il environ ?
- 6 000 (réponse)
- 60 000
- 600
Quel sculpteur signe la statue de l’Immortalité ?
- Auguste Rodin
- Bartholdi
- James Pradier (réponse)
Sources
- Wikipédia : Cimetière protestant de Nîmes
- Wikipédia : Louis Rossel
- Wikipédia : James Pradier
- Wikipédia : Francis Ponge
- Commons : Protestant cemetery, Nîmes (Mérimée PA30000037)
Informations vérifiées le 6 octobre 2026.
